21 mai 2006
Miranda's blabla
ME & U & EVERYONE WE KNOW
Point de grognements ni soupirs, une fois n'est pas coutume depuis quelques temps, en ce Dimanche pourtant grisâtre. Alleluiaaaaaaaaaaa!!! D'abord parce que j'aime bien les dimanches en général, surtout les gris et les pluvieux parce que ca fait une raison de plus pour rester emmitouflée sous la couette avec le clap clap de la pluie contre le wasisdas et le vent dans la tuyauterie houuuuuuuhouuuu et moi suis bien au chaud traquillou emilou et toute façon je compte pas me traîner plus loin qu'une terrasse de la place St Pierre si par malheur il fait vraiment trop beau. Voilà. Et puis parce que j'ai arrêté d'écouter Martha Wainwright aussi peut-être, qui certes mérite au moins trois jours de son album en boucle mais qui te flingue aussi le moral à la longue. Me suis remise à Adam Green qui doit certainement prendre des petites pillules roses aussi, mais lui, plus pour empirer que pour soigner, car c'est vraiment un grand malade ce mec-là.
Mais surtout, parce que ô joie voilà que mon petit délinquant de PC vient de finir de telecharger Moi et toi et tous les autres de Miranda July, ouh le vilain.
Donc je me suis jetée dessus et il a même pas eu le temps de faire bzzzzit. Et me voilà dans un prélassement bienheureux, envahie de la fraîcheur contemporaine de Miranda July ou comment vous fournir un univers complêtement orginal en prêt-à-consommer.
J'aime mon ordinateur. J'aime les chats noirs sur les 4L vertes. J'aime Miranda July.
Moi et toi et tous les autres, c'est un espèce d'ovni cinématographique où l'on croise des cadres animaliers dans les buissons, des tours de magie foireux et la mort tragique d'un poisson rouge. Ce film est étrange mais on y est à l'aise, parce que les grands yeux innocents et humides de Miranda, on y plonge à grandes brassées.
Difficile de faire un rapide synopsis, parce qu'il n'y a pas vraiment d'histoire, mais des histoires ou encore l'histoire. Mlle July nous livre un décriptage personnel et fantasque du monde contemporain, des relations telles qu'elles sont à l'oeuvre actuellement, au travers des nouvelles communications et des persistances traditionnelles. Moi, toi et tous les autres, le monde entier dans une banlieue américaine.
En deuxième visionnage, ce qui saute aux yeux, étrangement, c'est l'omniprésence de la sexualité. La réalisatrice a bien compris que le genre était devenu le nouvel opium du peuple ;-) et entremêle la foule des personnages pour des rapprochements binomiques insolites et révélateurs: l'approche innocente et freudienne d'un gamin confronte la perversité conceptuelle d'une conservatrice de musée d'art contemporain-pouin-pouin, et la perversité curieuse d'adolescentes celle d'un gros bras qui finalement se révèle bien plus innocent...Les âges se délitent, et les enfants en disent plus long que les adultes qui finalement s'y retrouve étonnamment. 1h30 de pied de nez.
Miranda July réussit le pari de creuser le coeur des rapports humains en tout innocence, douceur et originalité. Paradoxalement la densité du propos n'empêche pas une facilité d'accés. On se laisse porter dans un univers pop et à peine contrariant même si l'on sent qu'il y a autre chose derrière, de plus complexe, à décrypter. Ce serait limite proustien tant le film s'auto-alimente et les niveaux de lecture sont nombreux, sauf que la forme elle, est beaucoup moins pesante (ouf). Je me suis toujours dis que le plus grand génie de la littérature serait celui qui arriverait à condenser du Proust dans des phrases plus légères, et bien Miranda, elle, fait son cinéma. Donc, je lui attribue le titre ô combien prestigieux de Grand-Génie-Du-Grand-Ecran. Ouais carrément.
13:50 Publié dans survival wallet:jamais sans... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
27 avril 2006
Jamais sans... Jean-Mich mich!
Il y a eu Jimmy Hendrix, Janis Joplin, Jim Morisson...et Jean-Michel Basquiat aussi. Dans le sanctuaire mortuaire des génies morts à 27 ans, j’entends.
Moi, mon prénom commencerait par J et je serais un peu versée dans l’artistique que je commencerais à sérieusement m’inquiéter de mes potentialités génialistiques (et heroïnomaniaques accessoirement). Si je m’appelais Julien et que j’avais déjà deux court-métrages derrière moi par exemple...enfin moi j’dis ça, j’dis rien hein...
Bon en même temps, il nous reste Jane Birkin. Et puis Jeanne Mass. Et encore Julien Clerc. Pire : Jean-Jacques Goldman. Et Julio Eglesias...Comme quoi, c’est vraiment pas les meilleurs qui restent...
Bref tout ça pour en venir à Jean-Michel Basquiat.
Ouais ouais j’entends déjà : moi aussi je sais gribouiller, la seule différence c’est que lui on lui a filé une toile de 3m sur 5 et une liasse de billets sous les pots de peinture. Bon. Il faut bien concéder que le bougre a surfé sur une vague de snobisme tendancielle tout autant que providentielle, comme seule la grosse pomme peut en produire ; et que l’engouement du gratin new-yorkais pour les galeries d’art au début des années 80’s était pas franchement objectif et regardant de temps en temps. Mais quand même les pauvres ressemblent à des riches, faut bien essayer de se démarquer. C’est pour ça qu’ils vont chez Colette. Mais bon, c’est pas ici que je vais sortir ma théorie sur Colette.
Bon. Si j’étais une bobo pseudo-arty versée dans l’art oratoire devant canapés de caviar, je dirais que Basquiat, c’est plus qu’un coup de pinceau d’opportunité, non, c’est une véritable oeuvre de sublimation de la primauté existentielle fondée sur l’univers de la rue et des songes, Basquiat c’est la pulsion originelle au service de l’expression subconsciente évocatrice, provocatrice et contestataire, le graffiti érigé en véritable représentation mentale, Basquiat c’est la violence primaire d’un univers tentaculaire de toile en toile au fil d’un symbolisme particulier et à la fois réinventé de thème en thème, et blablabla et gnagnagna...
Mais je n’en suis pas une.
Donc moi je vous dis seulement de regarder « Downtown 81 » (à ne certainement pas confondre avec « Basquiat », la très mauvaise -beurk beurk- biopic de l’artiste, campé par un Gary Oldman soporifique et cette aberration esthétique autant que vulgarissime qu’est Courtney Love, qui a cru qu’en balancant trois secondes ses grosses lèvres dégueulasses dans un film sur Basquiat, elle allait s’approprier un peu plus l’héritage alternatif de ses contemporains - beurk beurk- qu’elle en aille dépouiller d’autres, cette rapace).
« Dowtown 81 » donc, où Basquiat joue ce qui n’est pas sensé être son propre rôle mais qui ressemble sensiblement à sa propre vie. Un coup de projecteur sur le coup de pinceau de Basquiat et un petit tour dans le New-York arty des 80’s au passage.
Par contre pas facile de se le procurer en France apparemment (mais moi je l’ai sinon...).
18:50 Publié dans survival wallet:jamais sans... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16 avril 2006
Mon GOD'ART!(je ne tolérerais aucune interprétation douteuse...coin coin...)
MA LIGNE DE CHANCE...
Rrrrââââââhhhhhhhh....oui Godard était peut-être un intello snobinard et oui peut-être le sont-ils aussi tous ceux qui le vénèrent, héritiers engoncés entre leurs piles de Télérama et de Cahiers du cinéma, élitistes du discours soporifiquement fiorituré et de l'existentialisme inconstitant...Mais peu m'importe, si je l'aiiiimeeeeeeeuuuuuhh!!!!
Rrrrrrrrâââââhhhh...Mon ami Pierrot,fou, gourmand, lunaire, qui déroule jusqu'au bout la bobine de la vie et finit comme dans un Tex Avery!
Rrrââââhh!!Je pousse un grand râle parce que cette petite comptine ne me quitte guère...Ma ligne de chance, ma ligne de chance...Ta ligne de hanche, ta ligne de hanche...
Et Bardot, si superficiellement Bardot pour incarner si intensément ce minuscule, que dis-je!,cet infime déplacement de sentiment qu'est le mépris..."Je ne t'aime plus Paul...je te méprise!" Rrrrââhh et la voilà qui sort, grandiose de la salle de bain....
Rrrrrrrôôô (c'est pour varié), Godard n'est décidément qu'un grand râle, un grand râle de bonheur et d'émerveillement qui me suit et me poursuit (et j'en use et en abuse, à bout de souffle jamais je ne m'essoufle)...Le grand Sens s'y distille dans le détail et blablabla et blabla, il y en aurait pour des heures....
Alors je vous le balance bien en face comme Ferdinand:
"si vous n'aimez pas la mer,si vous n'aimez pas la campagne...Si vous n'aimez pas...allez vous faire foutre!"
01:10 Publié dans survival wallet:jamais sans... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note