30 mars 2007
Vent Day
Ouais je me carapate dans un bled-paumé-sur-mer pour le week-end, fêter les 100 piges de l'arrière-grand-padre, ce qui commence à faire. Lui à mon avis il va pas trop capter ma présence à table mais au moins vais voir la mer dans ce pays à ras du sol, avec le vent incessant qui m'emmêle les bouclettes, j'aurais du sable qui gratte dans mes chaussettes et les pointes des veuch un peu salée un peu iodée. Bref. Ce sera bien.
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28 mars 2007
Adrieeeeennne!!
(non pas comme Patriiiiiiiick hein, comme Rocky, bande de bananes...)
POURQUOI? - Adrienne Pauly
Ca faisait longtemps que j'avais pas écouter un album de long en large, les chansons les unes après les autres, une fois, deux fois, et feuilleter le livret, les paroles, les remerciements, tout ça...Et puis on m'a refilé l'album d'une nana pas tellement coiffée du tout, et en noir et blanc, Adrienne Pauly. J'y ai passé une bonne partie de ma soirée.
Me dis qu'elle me fait un peu penser à Juliette Greco, pour le côté brune ténébreuse sans doute, et puis aussi parce que St-germain-des-prés c'est un mot qui lui irait naturellement bien, tout simplement, comme ça. Et parfois, elle dit "merde" avec l'accent de Birkin et parfois on croirait que Fersen s'est incrusté dans la mélodie.
Bref c'est pas mal de la chanson intello bobo parigot, mais en fait pas trop, heureusement, sinon la Pauly je lui aurais tiré les cheveux avant de m'arracher les miens.
Et puis je sais pas, elle tombe à pic, moi aussi j'en voudrais bien des lunettes noires en ce moment, et de toute façon j'ai pas tellement besoin de me justifier vu que l'album possède une photo d'Adrienne Pauly imitant Anna Karina sur l'affiche d'Une femme est une femme. Or il est entendu qu'une touche godardesque est un critère totalement suffisant à mes yeux.Du coup j'ai repensé à Jean-Claude Brialy, à cette histoire, à Anna Karina, et me suis dit que la prochaine fois qu'on me dira "tu es infâme",moi je répondrais: "non...je suis UNE femme...". Voilà.
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26 mars 2007
LOSER, LOSEUSE! (unissez vous)
Devenez alter-beauf et militez pour la vie de quartier
A la toute base de l'initialitude, je voulais vous parler de comment j'ai passé la semaine à mettre les pieds dans tous ces endroits incontournables de Bordeaux où j'ai pas été foutu d'aller jusqu'à présent, et il était temps vu que je me casse dans un mois.
En très gros, voire en caricature obésifiante, ça donnait quelque chose d'un peu politique ( j'ai bien dit « un peu ») et j'expliquais comment ça m'a rassuré d'aimer l'intervention de DSK à l'Athénée Municipale étant donné que ma réaction face au Sacre du Printemps au Palais des Sports sonnait un peu réac' poujadiste de la Belle Epoque (vous voyez ma conception du « un peu politique , ça craint un peu).
Je disais aussi que le Palais des Sports de Bordeaux c'est un peu moche sur les bords et au milieu, particulièrement sur l'aile droite rangée 8 d'ailleurs.
Tout ça pour en venir au bar PMU à côté de chez moi. En fait, du coup, vais plutôt en venir directement au bar PMU à côté de chez moi, parce que ça, c'est un vrai plaidoyer politique.
Alors euh comment dire, c'est un peu plus compliquée comme histoire. Rien à voir avec des partitions intergalactiques ou des discours socialistes, ca pencherait plutôt du côté de la lose épique.
La lose, ca vous tombe dessus de temps en temps, on sait pas pourquoi, et généralement le samedi soir, pour la simple et bonne raison que loser un mardi soir, finalement, c'est pas encore de la lose. Nan, la lose, on la pressent quand on se retrouve à deux avec un poteau le samedi soir, que tous vos autres poteaux font des trucs formidables (aller à un concert du plus grand orchestre du monde à la Salle Pleyel, danser une salsa au Glou-glou bar, déménager, bailloner les statues de Bordeaux pour protester contre le régime biélorusse...ouais vous voyez ce que je veux dire, là, tous autant que vous êtes...), qu'en plus c'est la St-Patrick, ce qui est en soi formidable, mais que vous et votre pote, zêtes pas foutus de trouver un truc formidable à faire.
On traine ses savates de bar en bar et même les comptoirs sont blindés, en plus pas l'énergie pour jouer des coudes, nan, bon qu'est ce qu'on fait.
Ah ben tiens, le PMU à côté de chez moi. Et bizarrement, là, c'est pas la concurrence. Nan, du tout, mais on va quand même attendre la fin du match à la télé avant de se mettre au billard.
Sauf que ça manque un peu de mélodie par zici, alors lorsque je vais lorgner du côté de la stéréo, oh miracle, entre deux albums de Frédéric Feldman et le Hit Machine Dance 95, une compil de rock. Mais wèèè, on va peut-être pouvoir sauver un peu la soirée.
Vu la défection à la fin du match et l'air hagard des quelques résistants au comptoir, me dis que finalement, vont pas en faire tout un litron si on met un peu de revival rockabilies.
Et ben ce fut encore mieux. Il nous en ont resservi un (de litron).
Ou comment la lose attitude devient un plaidoyer alter-beaufitude.
Parce que les deux semi-vieilles au comptoir, et ben 5 minutes après, elles étaient en train de me faire danser un rock endiablé, et vlà que je te tortille des hanches sur les Gipsy King, et hop vlà que le demi-boiteux du comptoir il fait des passes mieux que Daroussin dans Un air de famille, et moi suis essouflée, bordel c'que ça a de l'énergie les quinquagénaires, et nos verres se sont re-remplis par magie et le billard aussi tant qu'à faire, et bordel...ça fait déjà trois heures qu'on traîne ici...Un dernier Jerry Lewis et vlà qu'on s'apprête à quitter le bar, des bises un tantinet alcooliques de nos accolytes d'un soir, et des « il faut revenir les jeunes», et on est déjà dehors à faire des grands signes d'au revoir et moi j'ai presque chopé un tour de rein mais j'ai des étoiles plein les nyeux et ça scintille en bling bling avec celles dans les yeux de la femme du tenancier.
Bordel, les bars PMU, y a que ça de vrai.
C'est décidé, plutôt que d'aller crapaüter des marbres pour protester contre une simili-nation perdu en Europe de l'Est que y a même pas une once de pétrole qui justifierait qu'on se bouge le cul, on ferait bien de militer pour la réhabilitation des rades de quartier, ceux devant lesquels vous passer sans même un regard parce que c'est le concept déco du no-concept, où on vous sert un blanc piquant dégueu et où tous les accoudés au bar ont les yeux rivés sur la télé mais on sent bien qu'Arlette Chabot ou feu-Karl Zéro ça éveille la même non-lueur de percutage (Mélanie Thuriau peut-petre, un éclair), où les murs sont d'un jaunâtre douteux avec, de temps en temps une vieille affiche du bal musette de 1992 qu'on a pas pris la peine d'enlever, et du carrelage pas terrible qui colle un peu aux semelles.
Sauf qu'en fait les accoudés du comptoir au regard hagard, ben vous le savez peut-être pas, mais ils y étaient allés, eux, au bal musette 1992, et même qu'ils avaient une sacrée souplesse au poignet à l'époque pour faire virevolter les semi-vieilles qui somnolent maintenant à côté d'eux. Et qu'avec un peu de chance, si vous leur calez un petit Elvis de derrière les fagots, vont peut-être vous en apprendre de belles, à vous, lobotomisés de la boite à rythme abrutissante, balanceur de bassin timide du samedi soir au Macumba. Et puis danser, vraiment (pas faire semblant en chorégraphiant une succession de poses plus ou moins suggestives, du genre jetée d'aisselles lascive), ben qu'est ce que ca fait du bien.
C'est décidé, samedi prochain, je mets les pieds là où j'ai toujours rêvé sans jamais oser: le Moldavia. Coincé entre la Victoire et St-Mich, j'y ai même aperçu un orgue de barbarie un soir, si ça c'est pas du potentiel...
En attendant, ma sortie de la lositude doit pas être tout à fait effective, parce que je suis en train de dodeliner des cheveux sur Adrienne Pauly qui résume plutôt bien l'humeur du dimanche soir...Nan j'veux pas oublier, travailler...Ton avis j'en ai rien à foutre, tes amis j'en ai rien à foutre, ton âme j'en ai rien à foutre, ta femme j'en ai rien à foutre...oui j'vais pas me calmer, oui j'vais continuer...Ouais j'me plains, ouais c'est bête, ouais ca craint...Nan j'vais pas me reprendre en main, me calmer, prendre un p'tit bain, j'veux...
15:55 Publié dans city lights (Bordeaux) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note