05 avril 2007
A VENDRE...
Ah y est c'est signé.
M'en vais livrer la faible production de mes rares neurones valides à l'exploitation implacable (payée peanut moi j'appelle ça de l'exploitation implacable voire même de l'atteinte aux droits humains, d'ailleurs je compte bien convoquée les agents du Bureau International du Travail, harranguer Amnesty International et même mobiliser Bernard Kouchner -aucun rapport mais j'ai toujours bien aimé son nom, moi, à Kouchner -), à l'exploitation implacable donc, de la filiale parisienne d'un grand groupe américain de public relations - dont je terrais le nom pour ne pas que l'on m'accuse ensuite d'être responsable des kilos de fruits pourris déversés devant la porte de l'agence- .
Direction Affaires Publiques et Gestion de crise. Damned.
Pour vous donner une idée, ce sont eux qui s'occupent des affaires d'un certain géant de la restauration rapide dont la première lettre est la même que le seul chanteur français dont le nom ne comporte qu'une lettre et dont les dernières lettres sont aussi celle d'une note de musique - putain attention ça devient haut niveau.Vais bientôt monter une rubrique Des chiffres et Des lettres si ca continue-
Ils se sont aussi occupés d'un grand cigarettier dont on se fout éperdumment de la première lettre du nom rapporté au quotient de valorisation des actifs de la quatrième entreprise côtée au CAC 40.
Un grand cigarettier donc, pendant la bataille sur la hausse des taxes sur les cigarettes au nom de la santé publique alors qu'il est de notoriété publique que c'est surtout au non de la santé budgétaire soit dit en passant, et puis de toute façon c'est avec notre cancer en préparation qu'on paye votre sécu, et qu'en plus, on réduira le problème des retraites.Ca vaut quand même le coup d'entuber des millions de consommateurs hin hin.
Donc bref, au vu des clients de mon futur non-employeur, on va dire qu'effectivement, suis peut-être pas loin du traffic en Angola. Damned.
Moi suis sensée m'occuper du dossier d'un gros fournisseur public d'énergie (si tu vois pas, check tes factures) et d'un groupe d'ONG rapport à l'environnement (ouais y a bien écrit « ONG » et « environnement » et non ils se sont pas plantés d'agence).
Vais côtoyer toute la journée des types transformés en travelling cappucinos géants.
Damned.
JE-VEUX-PAS-Y-ALLER.
J'essaye de pas céder au pessimisme auto-réalisateur, mais là, tout de suite, si on me demande, ben je veux bien échanger mon Master 2 sciences-pipoteux contre un CAP fleuriste.
Ouais, brasser des tas de fleurs encore en bouton pour les disposer avec amour dans une petite vitrine provinciale touchée par la grâce solaire, genre petite rue pittoresque de Nîmes ou Arles, et les senteurs enivrantes de l'atelier des bouquets, le pélerinage annuel à Amsterdam pour se rouler dans les champs de tulipes, le sourire aux clients et le sourire en réponse des épouses ou des belle-mères acariâtres, ben moi ca me fait rêver bordel.
Ca fait de mal à personne, suis même sûre que ça participe au bien-être de la communauté des abeilles quelque part, et puis les fleurs ça fume pas, c'est pas de la junk food responsable de l'obésité rampante, ça se bouscule pas à la machine à café, ça pialle pas, ça fait pas la gueule, c'est juste silencieux et beau.Voilà, c'est ça: ça se contente d'irradier de leur beauté tranquille.
Des fois je fais des choses, et je me demande pourquoi je les fais. C'est bête.
Et puis faut dire que le souvenir de mon dernier séjour parisien n'est pas des plus yahoutant, quelques jours de concentré parisien qui m'avaient pschitté à l'âme car trop secouée...J'étais rentrée avec l'air un peu toute traumatisée sans doute, en mode baigneur automatique « oui » « non » « dormiiiiiiiiiiiir ».
Bon faut dire qu'on avait commencé la picole à midi dès ma descente du train et que j'ai pas l'impression d'avoir lâché le verre jusqu'au mardi soir de la semaine suivante, alors fallait pas s'étonner de se retrouver en état pré-épileptique.
Les serrures avaient sans doute cédé un peu trop tard tous les soirs. Trop contente de retrouver de l'extraordinaire et le trop plein qui vous laisse vide - Paris n'est pas en France - j'étais revenue avec les veines bourbouneuses et le battement de coeur calé sur les cliquetis sourds des rails de métro, sur les basses des bars, les pas martelés sur les trottoirs de Paname, la cadence des sous-tes-reins...Et cette foutu chanson qui me disait: Is this angel is terrible, why do you walk on him? On se demande.
Me rappelle, j'étais allée d'un bout à l'autre, à tracer des vecteurs pour toujours finir assise autour d'une table, alternant entretiens et entrevues, discours et dérives, entre bavardage et beuverie.
C'était pas la bonne combinaison.
Et dans moins de deux semaines, faut que j'y retourne, sans même avoir le temps de repasser par mon bout de cambrousse bigourdanne, et ça me chatouille pas vraiment les risettes.
La vérité c'est peut-être que je fais ma pisseuse capricieuse sur les bords et ma flippée au milieu, mais par-dessus tout je prie pour pas être trop fatiguée/bourrée/perturbée le premier jour, histoire de pas commencer à reculer devant la machine à café pour finir en sprint avec le tailleur en bataille façon Klapish.
Let's hope.
14:22 Publié dans poum poum poum | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
03 avril 2007
F*** F*** F***
Bon ben ça sera dépression au milieu des sièges sociaux...D'abord je m'en vais acquérir une bonne piquette pour non-fêter ça, je bois, je cuve, et j'vous raconte. Parce que là le seul mot qui me pop à l'esprit c'est: booooooooordeeeel de m****....Et c'est pas très élégant.
15:04 Publié dans poum poum poum | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02 avril 2007
Old but rock'n'roll
Héhé suis revenue de Vendée avec plein de sables dans les doublures de veste et des préceptes de centenaires au creux des oreilles.
Parce que la famille c'est toujours folklo. Du moins la mienne.
D'abord je me marre. Vraiment.
Quand je vois mes frérots, me faudrait une préparation abdominale intense quelques jours avant. Ils déconnent les minauds, et moi j'en profite. Et puis sans eux, se bourrer la gueule au repas de famille qui dure trois plombes (les vieux c'est dentairement déficient, alors tu décuples le temps de mastication quand on leur sert du rosbif) ce serait pitoyable. Là c'est pittoresque. Surtout que dans une maison de retraite, y a matière à se marrer plutôt noir et cynique, mais après trois verres de pinot, on déculpabilise.
Quand même 100 ans moi j'trouvais ça ouf. Alors je lui ai demandé comment on faisait, et en gros il m'a dit: "si tu veux vivre vieille ma fille, pense à ta gueule et te fais pas de souci".
Je note.
Zallez tous en chier désormais hin hin hin (non pas que je sois un modèle d'altruisme mais quand même).
N'empêche, me suis dit que si je commencais par jeter ma clope ce serait sans doute plus sûre.
Mais la vérité, c'est qu'à 100 ans, le pépé, il a passé l'après-midi avec son amante sur les genoux (un brin de jeune fille de 86 ans, une jeunette quoi) et quand on lui a demandé ce qu'il voulait pour son anniversaire, il a dit: "une femme, surtout une qui ressemble à l'aide soignante de nuit, dont les attributs mammaires sont non-négligeables". Là je me suis dit que c'était plutôt ça le vrai secret et j'ai du même coup découvert le pourquoi du comment de l'héritage familial.
Et puis y a la mémé punk (les veuch violets à 96 ans moi j'trouve ça rock'n'roll) qui outre sa punkitude capillaire, possède une trashitude morale: impossible de ma barrer pendant les trois-quart d'heures où elle m'a raconté comment Détective (abonnée depuis 30 ans la mémé) est un magazine formidable, parce que là au moins on a tous les détails de comment la petite Emilie s'est fait trucidé à coups de pinces à épiler.
J'ai failli tourner de l'oeil, surtout quand elle m'a raconté son opération de la hanche avec force détails. Ma Mémé à moi, elle est pas douce à la confiture de fruits de jardin et à pincer les paumettes, c'est plutôt du genre à insulter la voisine de "salope" (dixit, sans dec') parce qu'elle a fricoté avec le curé dans les 50's qu'elle dit, et à te faucher avec sa canne si t as le malheur de pas ranger le beurre.
Faut pas déconner. Mais ce que je préfère, c'est quand elle prend une voix de cancereuse en phase terminale dès que le téléphone sonne, alors que bon, la vérité c'est qu'elle pète la forme. Ma Mémé, c'est Orange Mécanique en fait.
Et enfin, last but not least...la mer bordel! Ouais il faisait froid, ouais y avait du vent, ouais y avait que des nuages, ouais c'était marée basse et ouais j'y suis restée 35 minutes chrono. Mais on s'en fout, le principal c'est quand même de se niquer les bas de pantalon et de s'ensabler les chaussettes.
De retour à Bordal, quelques heures avant de savoir si je vais pouvoir me la couler douce pendant un petit mois, ou si je vais entamer une dépression au milieu des sièges sociaux...Vous tiendrez au courant...
15:55 Publié dans me, u & everyone we know | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note