27 avril 2007
Ca dégénère mes amis, ça dégénère...
Home sweat home
Bon, passée l'euphorie du "putain j'arrive à enlever une couche et à conduire sans incident et à me garer en plus wahou suis trop une daronne peut être que vais réussir une vie d'adulte responsable", les choses ont légèrement dégénéré depuis. En fait.
D'abord parce que les gamins, ben quand on dit qu'ils sont toujours plus sages avec les autres qu'avec leurs parents, c'est de la connerie. On vous ment, c'est une conspiration généralisée, une manipulation parentale du sens commun sociétal pour pouvoir refiler leurs gosses.
Parce que la Maman, quand elle est pas là, ça devient le grand manitou, le christ re-ressuscité, Mère Thérésa re-béatifié. Bordel.
"Nan Maman elle fait pas comme ça, Maman elle met son sac à main à gauche et pas à droite, Maman elle veut que je porte des jupes même quand il fait froid, Maman elle veut bien que je destroye son maquillage et que je mange la boite de cookie 1h avant de diner et elle m'emmène à Disneyland tous les soirs après l'école".
Argh. C'est rusé ces bêtes-là. La gamine, elle a du me voir venir à 10 km, genre celle-là elle a pas l'air finaude vu comment elle se galère avec le biberon, tu vas voir ce que je vais lui faire gober. Hin hin hin.
Et comme moi j'ai aucune idée de l'avantage comparé des sandales sur les tennis et du degré optimal de chocolat dans le lait, ben elle me mène un peu par le bout du nez la gamine. Bon Disneyland, là, me suis dit bien dit qu'il y avait un truc pas plausible dans l'affaire. Faut pas me la faire à moi (comment ça Maman elle te laisse prendre des photos avec son numerique pour developper ton sens artistique?? Euh...aaah? C'est pédagogique? Ah euh bon euh ok...Naaaaaaan pas de prise sub-aquatique boorrrrdel de meeeerrrr***, l'étude photographique du portrait apnéique t'attendra quelques années encore borrrrrdel de meeeer****)
Résultat, quand la Maman est rentrée, sa fille, elle avait enfilé une robe de cendrillon, vidé la moitié du flacon de parfum ("nan mais Maman elle me dit que je peux parce que cuilà elle l'aime pas". Tu parles ouais.) et elle pieutait sur le canapé devant Aladin 3, le dernier cookie à peine entamé qui gisait entre ses petits doigts. Heureusement que ça se fatigue au bout d'un moment.
Aujourd'hui, c'est décidé, je l'emmène au parc direct après l'école, et lui fait faire un entraînement paramilitaire de ouf guedin qu'à peine elle aura le cul posé sur son siège bébé elle va croiser le marchand de sable version tout en couleur. Pouf. Plus de "Maman si, Maman ça", juste Tatie Charline qui peut passer une soirée pépére. Vais lui en faire faire des tours de tourniquet et des remontées de toboggan tu vas voir hin hin hin.
Faut pas déconner, vais pas me laisser dictaturer par une potiote de 4 ans et demi...
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26 avril 2007
Une femme d'exception
Ouais ouais c'est bien de moi que je parle.
Parce qu'en ce jour mémorable, jeudi 26 mai 2007, Toulouse, 9h15 et ben suis trop fière de moi, que dis-je j'explose tous les quotas d'orgeuil et j'egotifie à mort. Ouais suis vraiment une magicienne de la vie, une déesse de la granditude terrestre et mon nom doit être clamé partout où la vie s'agite.
J'ai réussi l'exploit extraordinairement génialement incroyable...d'amener ma nièce à l'école. Nan nan nan, je vous vois venir là hein. Alors nan, je n'ai pas esquinté un cm2 de rétroviseur ou même un coin de carosserie, que dalle, me suis même pas perdue dans les labyrinthes routiers, me suis pas empéguée un arbre même sans direction assistée. Comment que j'suis trop fière.
Et oui j'ai réussi à lui enlever la couche à la gamine (4ans 1/2, je pense que cela décuple d'autant plus la grandeur du miracle), à l'habiller, et tout et tout. J'ai pas oublié le ticket de cantine, ni le petit goûter, rien. Et j'ai pas eu droit à une demi-seconde de chouinage en règle, nan, au contraire, elle est restée sur mes genoux jusqu'à la sonnerie à me tenir la main!
Moi j'étais limite tétanisée avec cette petite là sur mes genoux, qui pleurait pas, qui bougeait pas, sage comme une image, et qui me souriait même. J'osais pas bouger là, me disais que sinon l'enchantement allait se briser, que le grand ordonnateur de la vie avait du se planter ce matin et que si jamais me faisais repérer, il allait réparer ça vite fait, et moi j'aurais plus qu'à essayer de la consoler la petite et à limiter les dégâts en voiture au retour.
Et en voyant tous ces gamins qui débarquaient dans la cour de l'école là, et tous ces parents qui volaient un dernier bisou à leurs nenfants, me suis surprise à faire pareil, et à la regarder filer avec regret ma petite.
J'étais tellement perturbée en rentrant que me suis pas garée où il fallait. Ouais bon. Ca c'est l'imperfection qui donne une touche d'humanité à ma grande génialité du jour.
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25 avril 2007
Pourquoi Brett Easton Ellis est un écrivain de génie mais pas trop quand même
(élucubration cultuuuurelleuuuh - comment ça, bouse monomaniaque?)
Parce que d'abord, Brett, c'est un peu le David Lynch de la littérature. Et que David Lynch c'est un peu la plus grosse arnaque cinématographique de ce siècle (ouais Les Bronzés 3 aussi, ok). Pourtant j'y croyais 'achement au début (nan pas aux Bronzés 3, à Lynch). La preuve, je m'étais mis en tête de faire mon mémoire de géo sur la représentation spatio-temporelle et sa symbolique dans Twin Peaks. J'avais même jamais vu Twin Peaks. Comme quoi, en prépa, on fint tellement lobotisé qu'à la fin on trouve tout seul de quoi se faire chier.
Sauf que voilà, David Lynch, il fait des films que c'est tellement n'importe nawak que pour passer pour un con, on crie au génie. Parce que bon, Mullholand Drive c'est un peu joli quand même, et si tu comprends pas c'est juste que c'est trop profond pour toi comme réflexion.
Mon oeil et ma paire d'orteils.
Tout ce que je pige moi quand je mate un Lynch, c'est qu'il a pris les trois ingrédients les plus vendeurs du blockbuster américain lambda, à savoir de grosses voitures qui font vroum vroum, des raïs de coke qui font sniff sniff et des belles nanas qui font "oh oui!" ou "oh non" c'est selon.
Alors voilà, il filme tout ça, puis il prend ses petits ciseaux, il coupe, il mélange, il recolle, hop un peu d'effet ombre-lumière par là, une phrase énigmatique par ici, un gnome làà valàààà....tout le monde il y croit!
le problème c'est que plus ça va, plus il fait des collages à rallonge. 3h pour Inland Empire, faut pas déconner.
Moi au bout d'une demi-heure, je regarde le fond vide de mon pop-corn d'un air dépité et je commence à lister mentalement tout ce que je dois faire pour le lendemain (ce qui est souvent rapide, certes).
Bon David Lynch tout le monde a compris maintenant, sauf que bon y a marqué Brett Easton Ellis là en haut alors faudrait peut-être que je m'y mette. Après on va dire que je fais de la publicité mensongère, pour peu que ça soit racoleur.
Bon.
D'abord, je viens de m'enfiler toute la série des Brett, sauf American Psycho parce qu'il ne faut jamais vraiment finir ce qu'on a commencé, c'est bien connu. La vérité c'est qu'après Glamorama et Lunar Park, voire même Zombies, j'avais ma dose de tachicardie angoissée et de détails sanguinolants. Non que Brett soit un Stephen King mais quand il délire, il lésine pas sur le gore et le porno, voire le porno-gore.
Et puis Brett, c'est un peu un hymne au glauquissime. Voilà, le glauque on y baigne. Dans des piscines à 1 million de $ et des maillots haute couture certes, mais on y baigne quand même. Mais il n'en est pas vraiment coupable. Ou si. Coupable de trop bien décrire une société américaine décadent et désoeuvrée. il y a ce constat là, celui de la débauche vaine qui poursuit les nantis west coast, de l'adolescence aux cheveux blancs.
Parce que chaque bouquin est un peu beaucoup la suite de l'autre - d'où la bonne idée de les lire dans l'ordre, hou la trouvaille- (brett c'est un peu le Marcel Proust ricain du dernier quart de siècle en fait - c'te blague), où s'emboitent tout un puzzle de personnages. Pour le coup, la chronologie des oeuvres a véritablement un sens.
Et l'on se rend compte que plus Brett écrit, plus il dépasse ce constat du rien, du gouffre néantissime omniprésent qui surgit du trop riche, trop beau. Il le dépasse par un fictionnel délirant, de plus en plus frissonant et parano au fil des romans.
Certains y ont vu une dérive du label Brett. Les derniers romans sont jonchés de phrases trop longues, de scénar' trop alambiqués, de détails trop foisonnants, l'impression de se faire bousculer dans les coulisses d'un défilé Gaultier entre deux pubs Versace. Rien à voir avec l'écriture épurée du début donc.
Et pourtant Lunar Park, largement conspué mais sans doute le point final de toute l'oeuvre, apparaît plutôt comme la fin cohérente de cette longue série: le premier véritable roman d'auto-fiction assumé. Parce qu'il faut bien s'inventer une vie, ou plutôt un sens, au prix de l'angoisse paranoiaque si il le faut, puisqu'il faut bien chercher au-delà du monnayable désormais.
Bref, Brett, j'y croyais aussi, tout comme en Lynch. J'ai failli crier au génie et puis naaaaan. D'abord parce que l'on doit toujours se méfier de tout être humain idôlatré par Technikart.La preuve donner des pistes d'explication au mal-être sociétal en balancant en vrac, certes tout en nuance mais en balancant quand même: le déficit affectif parental, l'absurdité capitaliste, le mimétisme identitaire, le système, etc...Ben des fois on se demande si c'est pas un peu simpliste foireux comme affaire.
Mais surtout, Brett, il est nul en fins. Incroyable. Il fait monter l'intrigue et le suspens comme personne que t'arrives plus à le lâcher ton bouquin et là bam il finit par un truc complêtement pourrav', le mec qu'a torché ca entre le café et la douche du matin et ça te donne envie de tout balancer de frustration. Alors sais pas, ce goût de pleine-bouche là, c'est ce qui fait la différence entre une bonne glace qui tue en plein été, et un esquimau pas terrible. Brett, en fait, il est pas terrible.
Tout ça pour ça, franchement j'ai envie de dire: "arrrrrrêêêête!"
13:40 Publié dans scritch scritch scritch | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note