16 avril 2007
LAST DAYS
Cartons pliés et déménagés, dernier cours et dernièrs adieux à cette belle maison qu'est Sciences Po, dernière soirée APRI et derniers verres avec les québecois, dernier tout quoi...Ca fait bizarre, on sait pas trop si c'est la nostalgie qui mord déjà l'estomac en prévision ou si c'est le soulagement des vacances et du diplome qui nous chatouillent le coin des yeux. C'est pas jo-jo tout ça...
Un resto place St-Pierre hier soir pour dire aurevoir à tout le monde, un repas bien d'ici pour terminer Sud-Ouest (même si là où je m'en vais c'est un peu comme si les cuisses de confit dansaient en farandole sur du Patrick Sebastien à longueur de journée). Sauf que dans ma notion de "bien d'ici" y a pas le concept du "congelé-décongelé" normalement, alors faut pas pousser mémé dans les orties et les gens à la grivellerie, surtout les pauvres étudiants sans le sou, et surtout ceux qui se donnent la peine de courir un peu héhé...
Ouais c'est pas bô mais du coup, on a pu aller boire les sous de la mangeaille, histoire de bien se terminer au Café Brun. Les absinthes et la vodka, le vin blanc, tout ça mélangé ben ca fait que c'était un peu le manège enchantée sous mes bouclettes, Budapest, la rue Poquelin Molière, arrêt du Tram C et ces 4 dernières années...
Je profite de mes dernières heures pour larver en terrasse, arpenter une dernière fois les pavés bordelais, c'est vrai que j'aimais bien...
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26 mars 2007
LOSER, LOSEUSE! (unissez vous)
Devenez alter-beauf et militez pour la vie de quartier
A la toute base de l'initialitude, je voulais vous parler de comment j'ai passé la semaine à mettre les pieds dans tous ces endroits incontournables de Bordeaux où j'ai pas été foutu d'aller jusqu'à présent, et il était temps vu que je me casse dans un mois.
En très gros, voire en caricature obésifiante, ça donnait quelque chose d'un peu politique ( j'ai bien dit « un peu ») et j'expliquais comment ça m'a rassuré d'aimer l'intervention de DSK à l'Athénée Municipale étant donné que ma réaction face au Sacre du Printemps au Palais des Sports sonnait un peu réac' poujadiste de la Belle Epoque (vous voyez ma conception du « un peu politique , ça craint un peu).
Je disais aussi que le Palais des Sports de Bordeaux c'est un peu moche sur les bords et au milieu, particulièrement sur l'aile droite rangée 8 d'ailleurs.
Tout ça pour en venir au bar PMU à côté de chez moi. En fait, du coup, vais plutôt en venir directement au bar PMU à côté de chez moi, parce que ça, c'est un vrai plaidoyer politique.
Alors euh comment dire, c'est un peu plus compliquée comme histoire. Rien à voir avec des partitions intergalactiques ou des discours socialistes, ca pencherait plutôt du côté de la lose épique.
La lose, ca vous tombe dessus de temps en temps, on sait pas pourquoi, et généralement le samedi soir, pour la simple et bonne raison que loser un mardi soir, finalement, c'est pas encore de la lose. Nan, la lose, on la pressent quand on se retrouve à deux avec un poteau le samedi soir, que tous vos autres poteaux font des trucs formidables (aller à un concert du plus grand orchestre du monde à la Salle Pleyel, danser une salsa au Glou-glou bar, déménager, bailloner les statues de Bordeaux pour protester contre le régime biélorusse...ouais vous voyez ce que je veux dire, là, tous autant que vous êtes...), qu'en plus c'est la St-Patrick, ce qui est en soi formidable, mais que vous et votre pote, zêtes pas foutus de trouver un truc formidable à faire.
On traine ses savates de bar en bar et même les comptoirs sont blindés, en plus pas l'énergie pour jouer des coudes, nan, bon qu'est ce qu'on fait.
Ah ben tiens, le PMU à côté de chez moi. Et bizarrement, là, c'est pas la concurrence. Nan, du tout, mais on va quand même attendre la fin du match à la télé avant de se mettre au billard.
Sauf que ça manque un peu de mélodie par zici, alors lorsque je vais lorgner du côté de la stéréo, oh miracle, entre deux albums de Frédéric Feldman et le Hit Machine Dance 95, une compil de rock. Mais wèèè, on va peut-être pouvoir sauver un peu la soirée.
Vu la défection à la fin du match et l'air hagard des quelques résistants au comptoir, me dis que finalement, vont pas en faire tout un litron si on met un peu de revival rockabilies.
Et ben ce fut encore mieux. Il nous en ont resservi un (de litron).
Ou comment la lose attitude devient un plaidoyer alter-beaufitude.
Parce que les deux semi-vieilles au comptoir, et ben 5 minutes après, elles étaient en train de me faire danser un rock endiablé, et vlà que je te tortille des hanches sur les Gipsy King, et hop vlà que le demi-boiteux du comptoir il fait des passes mieux que Daroussin dans Un air de famille, et moi suis essouflée, bordel c'que ça a de l'énergie les quinquagénaires, et nos verres se sont re-remplis par magie et le billard aussi tant qu'à faire, et bordel...ça fait déjà trois heures qu'on traîne ici...Un dernier Jerry Lewis et vlà qu'on s'apprête à quitter le bar, des bises un tantinet alcooliques de nos accolytes d'un soir, et des « il faut revenir les jeunes», et on est déjà dehors à faire des grands signes d'au revoir et moi j'ai presque chopé un tour de rein mais j'ai des étoiles plein les nyeux et ça scintille en bling bling avec celles dans les yeux de la femme du tenancier.
Bordel, les bars PMU, y a que ça de vrai.
C'est décidé, plutôt que d'aller crapaüter des marbres pour protester contre une simili-nation perdu en Europe de l'Est que y a même pas une once de pétrole qui justifierait qu'on se bouge le cul, on ferait bien de militer pour la réhabilitation des rades de quartier, ceux devant lesquels vous passer sans même un regard parce que c'est le concept déco du no-concept, où on vous sert un blanc piquant dégueu et où tous les accoudés au bar ont les yeux rivés sur la télé mais on sent bien qu'Arlette Chabot ou feu-Karl Zéro ça éveille la même non-lueur de percutage (Mélanie Thuriau peut-petre, un éclair), où les murs sont d'un jaunâtre douteux avec, de temps en temps une vieille affiche du bal musette de 1992 qu'on a pas pris la peine d'enlever, et du carrelage pas terrible qui colle un peu aux semelles.
Sauf qu'en fait les accoudés du comptoir au regard hagard, ben vous le savez peut-être pas, mais ils y étaient allés, eux, au bal musette 1992, et même qu'ils avaient une sacrée souplesse au poignet à l'époque pour faire virevolter les semi-vieilles qui somnolent maintenant à côté d'eux. Et qu'avec un peu de chance, si vous leur calez un petit Elvis de derrière les fagots, vont peut-être vous en apprendre de belles, à vous, lobotomisés de la boite à rythme abrutissante, balanceur de bassin timide du samedi soir au Macumba. Et puis danser, vraiment (pas faire semblant en chorégraphiant une succession de poses plus ou moins suggestives, du genre jetée d'aisselles lascive), ben qu'est ce que ca fait du bien.
C'est décidé, samedi prochain, je mets les pieds là où j'ai toujours rêvé sans jamais oser: le Moldavia. Coincé entre la Victoire et St-Mich, j'y ai même aperçu un orgue de barbarie un soir, si ça c'est pas du potentiel...
En attendant, ma sortie de la lositude doit pas être tout à fait effective, parce que je suis en train de dodeliner des cheveux sur Adrienne Pauly qui résume plutôt bien l'humeur du dimanche soir...Nan j'veux pas oublier, travailler...Ton avis j'en ai rien à foutre, tes amis j'en ai rien à foutre, ton âme j'en ai rien à foutre, ta femme j'en ai rien à foutre...oui j'vais pas me calmer, oui j'vais continuer...Ouais j'me plains, ouais c'est bête, ouais ca craint...Nan j'vais pas me reprendre en main, me calmer, prendre un p'tit bain, j'veux...
15:55 Publié dans city lights (Bordeaux) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22 février 2007
Avis de T.A.Z
Mieux que le paintball, plus fort que le street art
Etant donné que je suis une visionnaire de l'artistique néo-contemporain (aheeeeeem = raclement de gorge suffisant) doublée d'une minimaliste domestique, je lance ici ma première action de mécénat éphémère. Mais ouais. Ca rigole pas là.
Je m'explique. Ce que je propose aujourd'hui, dans la vision sociétaaaaale schtroumphesque qui me caractèrise tant (hin hin hin), c'est d'ouvrir la première T.A.Z ( zone autonome temporaire cf. le bouquin d'Hakim Bey http://www.lyber-eclat.net/lyber/taz.html) matérialisée et auto-destructrice (enfin auto, vachement aidée par les ouvriers du bâtiment, zallez comprendre) de cette bonne vieille ville de Bordeaux.
Ahah. Ca vous en bouche un coin tout en aérant l'autre.
En clair, ca donne: les murs de mon appartement (une surface somme toute non négligeable) seront ouverts à la création et à l'inspiration, qu'elles soient politiques, économiques, pornographiques, surréalistes, impressionistes, pas franchement inspirées, romantique (etc, etc) de toutes artistes susceptibles de gribouiller, à partir d'aujourd'hui et jusqu'à samedi (date à laquelle je me barre à Paname et où l'on vient repeindre mon appartement).Et ce, sans discrimination de talent ou de sujet (juste une précision cependant, je dors entre ces murs, donc si vous pouviez éviter de me transformer l'appart' en studio pour apprenti-Romero, ca m'arrangerait).
Non seulement cette T.A.Z immobilière sera la rencontre entre l'espace privé intime et l'espace public anonyme, mais qui plus est, elle fera la jonction entre la fonction de peintre en bâtiment et celle de peintre de talent. Et ça c'est beau.
Vu que les dits peintre en bâtiment débarquent dans pas longtemps non pas pour sacager des oeuvres qui j'en suis sûre seront de toute beauté (aheeeeeem = raclement de gorge dubitatif) mais pour les sublimer par le caractère éphémère qu'ils leur donneront dans une grande phase de parachèvement de la T.A.Z, ramène ta caméra super 8 au passage pour filmer la performance. Tu peux aussi ramener du Paic citron parce que j'en ai plus.
Allonzi allonzo!
08:45 Publié dans city lights (Bordeaux) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18 février 2007
SPRING-BREAK
Conversation météorologique (c'est la misère mais wèèè)...
Honnêtement, à votre place, je me donnerais même pas la peine de lire ce post. Ca tient de l'enculage de mouches 5 étoiles. Zêtes prévenus.
Hier c'était le premier jour du printemps. J'ai dit.
Aujourd'hui on est en février, et c'est l'hiver en vrai (ouais c'est de la réflexion hautement pertinente).
Mais hier me suis levée, et j'ai ouvert les volets et je peux enfin dire que les rayons du soleil ont innondés mon appartement. Ouais. Innondés, carrément. Du coup (en fait aucune relation de cause à effet mais on s'en fout) j'ai allumé ma chaîne hi-fi et je me suis rappelée pourquoi j'aimais Adam Green. C'est parce que je venais de tomber dessus et que je l'écoutais en boucle, qu'on était en mai et que je révisais dans la chaleur de mon appart' ou sur les terrasses, avec tous ces bras nus et ces jupes qui passaient, et les clameurs qui s'infiltrent par la fenêtre le soir venu.
C'est à ce moment là que je me suis dit que c'était le printemps . Mais j'en était pas sûre, je me demandais encore.Et puis je suis sortie acheter des cigarettes bonbons, et une averse m'est tombée dessus. Ouais. Une averse, carrément. -(J'adore raconter de la merde pour pouvoir utiliser le vocabulaire météorologique métaphorique. Moi ça me fait rêver.)Mais une vieille averse des familles, du genre badaboum, un peu chaude et qui te colle un gros sourire idiot sur la face, parce que cette pluie-là elle arrive à te faire sentir la terre en-dessous de tous ces pavés, du béton et du goudron, à moins que ce soit l'odeur du déchet humide qui fait office de retour à la nature pour l'urbain déconnecté.
Et quand je suis sortie du bureau de tabac de l'épicerie, le soleil était revenu mais en fait pas vraiment. Parce qu'il était caché derrière le gros nuage de pluie. Et juste au-dessus il y avait un ciel bleu de ouf, et les rayons passaient à travers parfois pour venir rebondir sur un balcon en fer forgé.
Alors me suis dit que c'était vrai, c'était le premier jour du printemps hier.Sans dèc'.
Sauf qu'aujourd'hui il grisaille sec, genre au placard les bras nus, les diabolos menthe, les jupes et les bas du dos suants. J'ai monter le chauffage et j'ai mis des chaussettes avant de balancer mes tongs. Du coup j'ai allumé ma chaîne hi-fi et j'ai calé Protocol Harum et A whiter shade of pale. Parce que je me suis dit que si dans 6 mois je tombais dessus un jour de grisaille hivrenal, peut-être que je me rappelerais pourquoi j'aime cette chanson (si si y a de la logique quelque part).
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31 janvier 2007
Mon week-end à zanzibar
Une fille sur-bourrée, ca ressemble à un poisson-lune en première phase d'inhalation chlorophormique. C'est la réflexion que je me suis faite quand j'ai passé la porte du "4 sans" et que cette fille a failli me percuter l'épaule droite. Et puis finalement elle s'est vautrée contre le mur. Je l'ai regardé, elle devait être jolie en début de soirée, elle avait encore des restes de barrettes pailletées dans les cheveux, ca devait être joli en début de soirée, mais là ça l'était plus, c'était plutôt ridicule, vu que je voyais pas trop ce que ça pouvait donner du vomi à paillettes.
Ceci dit, moi j'avais une chemise de gendarmette, ou de secrétaire, et encore moins d'escuse puisque pour moi c'était encore le début de a soirée, du moins si le critère alcoolémique se substitue au critère temps.A l'heure qu'il était j'aurais dû être peinarde dans mon pieu, seulement c'était sans compter l'avis du frérot, son débit de boisson, et son hyperactivité nocturne. Voilà comment je me suis retrouvée là, dans cette boîte - j'aime pas les boîtes - au milieu de toute cette poiscaille et dans cet aquarium qui battait sourdement au rythme de la house -j'aime pas la house.
Alors je sais pas si c'était le champagne ou le type sublime qui nous servait de crew, accoudé au bar,ou le frérot qu'arrêtait pas de grimacer et de sauter et de diparaître pour ré-apparaître, mais en fait c'était pas mal le 4 sans, voire, bien. Et puis ca ressemble plus à un hangar, et on se marche pas trop sur les pieds et je m'attendais à repérer un pipeline soviétique pendu au plafond à tout moment.
Puis à un moment donné, tout le hangar s'est éclairé, je m'attendais à voir une tripotée de camions venir débarquer de la marchandise et les gens se mettre à soulever des palettes, mais en fait non, c'était juste la couleur du glas, et toute une bande d'encapuchonnés s'est mis à gesticuler sur la scène. On aurait dit la mano negra en costume de terroriste et c'était la denière chanson sous des néons blafards, j'ai fini ma bière et on a déguerpi.
Comme j'aime pas avoir les mains vides, j'ai récupéré un verre de vodka et j'ai fermé les yeux, parce qu'il faisait sombre et un peu froid, y avait des draps pendus au plafond après tout, et une musique douce qui ne l'était que parce que le préfet l'avait exigé. On était au zanzibar, et c'est drôle parce que je voyais pas tellement ça comme ça, zanzibar. J'aurais eu tendance à croire qu'il faisait plus chaud, bizarre, zanzibar. Tout le monde était un peu moins allumé désormais. Julie somnolait et Davy parlait du préfet, et puis tout le monde se levait un peu, et se rasseyait, y avait un espèce de mouvement lent et fluide autour de moi, c'était bien. Le gars sublime est venu me parler, seulement c'était sans compter qu'il y avait un autre gars pas mal moins sublime et pas mal plus boulet qui nous servait de crew, aussi.
Alors me suis levée, et je dansais pas vraiment, je faisais un truc, c'est sûr, mais savais pas vraiment quoi, ca ressemblait vaguement à de l'ondulation ou à du balancement, mais j'étais sur mes deux pieds après tout, alors on va pas se laisser emmerder. Puis à un moment j'ai cligné des yeux et mon frère roupillait sur un sofa, j'ai continué à danser/balancer et à un moment donné, quelqu'un a dit: "on rentre", alors on est rentré, très vite, comme ça.
Il était 7h30 quand on s'est écroulé sur mon matelas trop dur,et je me suis dit que ça faisait bien longtemps que j'étais pas sortie du centre du centre-ville, que je m'étais pas couchée si tard, que tout ça s'était passé très vite et que décidément le....Je m'étais endormie.
15:50 Publié dans city lights (Bordeaux) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19 janvier 2007
Downtown…And that was good*
D’abord, je me suis dit : j’ai envie qu’il pleuve. Et qu’il fasse noir. Mais il fait seulement gris. C’est tout.
La cabine téléphonique d’en face est toujours occupée. Alors je pense à Philippe Delerm qui dit que dans cet « espace clos, trop étroit et déjà embué, on se tient ramassé, crispé, pas à l’aise ».
Moi je trouve ça juste rigolo qu’il y ait toujours des cabines téléphoniques, et que celle en face de chez moi soit toujours occupée.
Je trouve ça bien.
Aujourd’hui j’ai vu un homme qui marchait comme une moitié de danseur. Sur la pointe du pied droit. C’était un long homme noir qui marchait comme une moitié de biche.
C’était joli.
C’était parce qu’il lui manquait un bout de talon. Enfin je crois.
C’était joli.
Et puis dans la rue Ste Catherine, il y a l’homme à l’orgue de barbarie qui est revenu. Il a toujours son chat avec lui mais cette fois-là, me suis demandée s’il était pas revenu empaillé, le chat. En parlant de chat, y en avait un très gros et très noir qui dormait sur le dos d’une coccinelle. Une coccinelle verte et lustrée.
Benoit pense que je devrais arrêter de mettre des serre-têtes rose fluo dans mes cheveux.
J’avais envie qu’il pleuve et puis qu’il fasse nuit. Mais il faisait seulement gris.
Finalement, j’ai senti une gouttelette sur le sommet de mon crâne. Au départ je croyais que c’était un putain de pigeon qui se vengeait. Et puis non. Parce que j’en ai senti une deuxième. Alors je me suis dit que si les pigeons commençaient à faire des complots organisés, je pouvais d’ores et déjà me terrer chez moi pour un bon bout de temps. Heureusement, le pigeon est toujours aussi con et c’était juste la pluie. Il commençait à faire nuit aussi. Alors me suis rendue compte que je m’en foutais royalement qu’il ait fait gris toute la journée.
Parce qu’entre temps, j’avais rejoint Benoît à l’avant-première de Pars Vite et Reviens Tard, et même si c’est un presque-« polar de France 2 », ben c’est quand même vachement chouette comme titre. Et puis j’étais retournée aux Mots Bleus pour un café avec Julien. Il n’aimait pas la Vie Aquatique, moi, si. Il aimait Moins que zéro de Bret Easton Ellis, moi, non.
Quand on est sorti, nous avons croisé le travesti qui venait me tchatcher quand je rentrais à minuit, en me disant innocemment que c’était une belle nuit, et moi je répondais gentiment en fixant son chien qui était en train de menacer ma porte avec son museau reniflard et sa patte fébrile.
Puis je suis allée au Monop’ et Clément m’a rejoint, et nous nous sommes rappelés pourquoi le Monoprix St-Christoly était le centre du monde, puisque nous avons croisé un marquis en redingote bleu canard près du rayon Panzani, et un D’Artagnan avec une paire de lunettes assermentée par Polnareff au rayon surgelés. Je me suis marrée.
Puis j’ai rejoint Sophie au Café Rouge et j’ai allumé une bougie et une cigarette, nous avons bu un verre de vin pendant que le cuistot préparait des tapas à côté de nous. Et il y avait de la fumée qui sortait des fourneaux et ce bar est un peu sombre et les fauteuils sont confortables.
Puis je suis rentrée et c’est là qu’il a commencé à pleuvoir. C’était bien, et finalement je me dis qu’il aurait pu faire très beau ou très froid, ça aurait été bien aussi. That’s it. That was good.
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10 janvier 2007
I feel good...
(tadadadadadada)
Ah y est suis ninstallée et c’est fucking ‘achement bon! C’est un peu bizarre parce suis partie quatre mois et me rends compte que rien n’a franchement changé et tout est un peu pareil, sauf deux néons et trois enseignes. Ah ouais et le miroir d’eau sur les quais aussi. Mais ca compte pas, parce qu’en fait c’est pas la grande épopée architecturale du siècle, ça mouille même pas. C’est très con (non pas le miroir d’eau, autre chose), parce que moi j’étais toute heureuse de retrouver Bordeaux, l’odeur de la pluie sur les vapeurs d’essence, et les pavés, les zincs à l’ombre des enseignes « brasserie » et les verres de vin qui vont avec, les feuillages de la place Pey-Berland et tout, mais c’était comme si j’étais surprise que la ville soit exactement comme je l’avais laissé. Ca doit être que le temps des villes est plus lent que le temps de ceux qui les quittent.J’ai un drôle d’appart, un peu pas droit du tout, avec des hauts murs obliques et des moulures bancales, des restes de cheminées en marbre encastrés dans du plancher un peu râpeux. C’est clair mais pas pâle, c’est chaud mais pas confidentiel. Mais surtout beaucoup d’espace pour laisser les pensées ouzer (du grec ouzo, ozone ou p’tèt’bien de l’anglais to ooze mais c’est moins sûr). C’est un appart’ de danseur contemporain en fait je crois (de swing ?), ou de tracassé du talon, parce que sinon je vois pas à quoi ca servirait, tous ces m2. Bon. La vérité c’est que l’ancien locataire était un collectionneur de bière. Mais c’est ‘achement moins raccord comme ça. L’essentiel c’est que je vais pouvoir m’entraîner aux entrechats et au vautrage sur parquet autant que je veux . Y a des traces pas tops sur les plaintes et une unique ampoule nue avec les fils qui pendouillent, internet faut pas le rêver, un évier qui fuit à demi et des plaques électriques agonisantes, mais y a aussi un joli jaune pâle sur les murs, et une drôle de grande baignoire sur pieds, et un grand meuble d’apothicaire bizarre dans la salle de bain avec au moins trente tiroirs que j’ai même pas encore fini d’explorer, alors j’aime bien…Mes dodus danseurs de Botero ont deux kilomètres de murs à combler, toute une piste de danse à virevolter pendant que je dors…Et puis c’est le genre d’appart’ où écouter Mathieu Bogaert , c’est pas mou et gnan-gnan, mais diffus et flottant, écouter du jazz balkano-yeddish, c’est pas bruyant mais festif, et écouter France Inter c’est pas chiant mais intelligent. Mais la révolution, c’est pas que pour la première fois de ma vie j’ai pensé à amener un sommier pour pas me démonter le dos, c’est surtout que suis toute seule. Du coup je peux passer des heures à clapoter dans un bain avec des ptits quaks-quaks en plastique, ou laisser des tas de tasses à café s’accumuler dans l’évier (qui a dit : « ouais ca c’est pas nouveau » ?), me vautrer en essayant de marcher sur les mains sans me ridiculiser, et repasser en boucle les 25 secondes consécutives à la minute 52 de Mardi Bum sur l’album What ever people say i am, That’s what I am not, d’Artic Monkeys, parce que ce passage est incroyable et que je m’obstine psychotiquement à le repasser trente fois à chaque écoute. Et ce qui est bien, c’est que ça n’emmerde plus personne.
Bref, je suis toute seule et moi et moi-même ben on s’entend plutôt ‘achement bien toutes les deux et on s’amuse comme des petites folles… I feel gooooood tadadada (et je me trimballe avec la perruque de James Brown si je veux, merde). Voilà.
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28 juillet 2006
Last day...hips...!
Et que l'ivresse demeure....
Pas dormie, pas eu le temps de repasser chez moi pour me changer, pas de café, dernier jour de stage, trop de crémeux...Welcome to your last day! Wanna sleeeeeeeeeeeeeeeeeep for a long long night!
Mais non, je dois encore me gratter le fond du syphon pour une lettre de félicitations au meilleure dictateur auto-proclammé de l'Afrique de l'Ouest....Yaaaaaaaaahh!!! Je vous prie, très cher collègue, de bien vouloir recevoir mes sincères félicitations pour ce prix qui témoigne de votre dévouée obligeance auprès de vos victimes concitoyens. Une telle distinction est la preuve d'une reconnaissance certaine du bien-fondé de vos méthodes par vos pairs. Il est certain que cet évènement représente un exemple à suivre pour tous ceux, élus du peuple, qui sacrifie leur vie au bonheur de leurs sujets concitoyens. Moi-même d'ailleurs, m'apprête à suivre un tel modèle d'efficacité et de vertu, car vous au moins n'avait pas à supporter les gémissements de ces putains de roturiers qui viennent me pourrir la vie pour une flaque de pisse sur le pas de leur porte, bordel, la Mairie c'est pas la fête de l'Huma, qu'ils aillent tous se faire voir chez Juppé et se geler les roucaflettes avec les caribous ou vais tous les faire ferrer à la Bastille, chez mon ami Chichi, ces bouseux. "Martiiiiiiiine! Mon café est froid j'vous envoie direct à la nouvelle direction de l'empalage si ca recommence!" Je disais donc, un véritable honneur pour moi que de partager une telle vision de l'interaction avec les gouvernés.
Animalement vôtre,
Votre désormais plus grand soutien contre la vermine électorale
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26 juillet 2006
CU-B.A.BA
Fanny chez moi, c’était l’occasion de redécouvrir les hauts lieux de la nuit bordelaise. Deux ans sans traîner mes savates au milieu des pelures de cacahuète de la Calle Ocho, c’est bien dommage, d’autant plus que d’après certains, la cacahuète, c’est le mouvement perpétuel à la portée de l’homme.C’est dire si à la Calle Ocho, on y va pour brasser de la neurone à en tournevisser les clous funéraires de feu Môsieur Newton.
Alors aux fessiers ampoulés de moleskine lounge trop usée, que le petit vin enivre de trop de comtemplatif cinématographique et d’élitisme littéraire, levez-vous, ô fessiers ampoulés, gigotez un peu à la Calle, ce sera toujours quelques minutes de gagner sur le fauteuil club et les cigarillos de beau-papa ; allez dépecer les cahuètes par brassée, et vider les mojitos par tournées, ce sera toujours quelques gorgées de gagner sur le kir à la mangue et les soufflés au fromage de belle-maman.
C’est pas tellement ce qu’on pourrait appeler un bar bien ; trop de rhum qui macère au milieu des feuilles de menthe, trop de sueur et de bas-fonds alcooliques pour vous coller, trop de tubes hispanisants pour venir virer la salsa caliente de début de soirée. Bah mais si on a assez d’énergie pour sautiller on peut se retrouver le cuir chevelu au frais sous les ventilos, et on a pas besoin de disserter pour faire du play-back, encore moins de minauder quand on a déjà les bras pour s’agiter.
On en ressort rouge et dégoulinant de moiteur éthylique, titubant d’étourdissement cubanos, tout étonné de retrouver des rues vides et de l’air frais, alors que deux marches plus tôt c’était la fournaise humaine. C’est un peu comme les magazines féminins finalement, on est toujours aussi con quand on a fini, mais au moins on a la tête vide et on peut aller se coucher tranquille.
Haut lieu oublié depuis longtemps donc et je me demande encore pourquoi en me baffant compulsivement le lobe de l’oreille gauche.
09:35 Publié dans city lights (Bordeaux) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20 juillet 2006
Complot humaniste
Une pause café pour nos zamis les zanimaux
Ai failli me faire démonter la gueule au nom de la recherche scientifique. Si c'est pas courageux ca.
Fraîchement débarquée de Pau (quand je dis fraîchement, c'est à prendre au sens moral hein, j'exclue bien sûr les aléas caniculaires, shit where is my ventilo?), je m'installe au milieu de la horde des badauds qui squattent allègrement l'air climatisé du tam'. Je sors mon portable, innocente technologique que je suis, et là, c'est le drame, argh jeez que l'urbain est rude, le coude fou de mon voisin quadragénaire m'atterrit en pleine face. L'a raté le nez par contre l'a eu la pommette le déglinguo. Eberluée, je le regarde, il s'escuse, bon, allez soyons tolérant, hou le vilain moustique. Sauf que deux minutes plus tard, il me regarde encore et me demande d'un air sadique: "ca fait mal?". Ben non connard j'adore me faire défoncer le crâne tous les dimanche soirs, ca me remet les idées en place pour la semaine. Bon, j'ai pas dit connard, parce que je sentais bien qu'il y avait risque de revers lifté.
Heureusement pour moi, et je bénis la solidarité humaine, même quand elle est purement inconsciente, c'est un autre innocent technologique qui s'est fait démonter parce que je cite "hé connard va gueuler dans ton téléphone ailleurs, mais putain zetes tous des ploucs, allez vous faire enculez, j'vais te défoncer ta tête". Le poids des mots, le choc des bargeots. Et sur ce, il se casse, au grand damn des chantres de la représentation des minorités visibles (la minorité des visiblement perturbés, dans le cas présent).
Si les nouvelles technologies ont indiscutablement amélioré la qualité des échanges intra-humains, il est néanmoins frappant de constater les effets secondaires d'un tel traitement quotidien - une mise en contact direct, c'est le cas de le dire, a pu me confirmer dans cette réflexion. Ayant contribué, au péril de ma vie n'est-ce pas, à la recherche scientifico-psychiatrique j'exige que le centre de recherche des risques neurologiques liés aux nouvelles technologies me rembourse mon abonnement de tram' pour préjudice physique. Et installe une piscine olympique à vagues quadri-journalière à chaque station, pour préjudice moral.
Voilà. Bienvenue à Bordeaux.
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