11 janvier 2008

Raaaah la nulle hé

En fait me suis plantée. C'est pas un éléphant qu'il dessine le petiot. C'est un BOA qui MANGE un éléphant (le con). Mais wèèè.

09 janvier 2008

POP - UP (I'm damned fucking bored)

C'est la mélaaaancoliiiiie, je dirais même plus le mélo dans la mélasse.

C'est comme si la vie, ben, elle avait des espèces de poches de desespérance comme ça, pof, admettons elle est linéaire, la vie, et elle est même pas desespérante du tout d'ailleurs, et elle fait comme un long boyau avec une boursuflure à un moment donné, comme un dessin d'éléphant dessiné par le petit prince, ouais voilà c'est exactement ca, des tas d'éléphant st-exupériens qui se succèdent, c'est tout à fait ça. Et la boursuflure là, en fait, c'est une sorte de poche un peu molle et flasque qui se répand tout à coup, une poche de mélancolie en liquide, et puis y a juste à attendre que ca passe, que ca ait fini de se vider. Et l'on se sent tout mouillé, un peu tout humide de cette douce averse, et c'est vraiment triste, essentiellement triste en fait, mais c'est pas douloureux du tout.

La mélancolie du livre 'achement intéressant que je suis pas en train de lire, du type en face qui n'est pas en train de me raconter tout ça, de la clope que je ne suis pas en train de fumer avec mon verre, et ce verre que je ne suis pas en train de boire, du chat noir sur la 4L verte que je ne suis pas en train de prendre en photo et de l'inconscience du présent dans l'existantialisme du présentiel, de l'impossibilité de tout tenir là, maintenant et encore moins plus tard, et surtout pas le chat noir sur sa 4L pourrave. Le truc bê-bête quoi.

C'est un peu comme se soumettre à ce que c'est la vie, ce qu'elle a de linéaire et on tourne en rond dans la boursouflure qui vient de se répandre, cette sorte de renflement néantissime désormais, puis on repart dans le linéaire. Et tourner en rond c'est pas forcément mal finalement. C'est juste une pause, dynamique, ca révolutionne après tout, mais une pause quand même. C'est paradoxal finalement, c'est se soumettre en constatant, en regrettant cette soumission.

Sinon j'ai quand même lu un bouquin 'achement intéressant, "La métaphysique du mou" de Botul, qui est un peu chiant pendant trois pages puis finalement c'est 'achement bien, sauf les commentaires de fin d'un petit péteux de botulien auto-aveuglé. Mais Botul a quand même écumé tous les bordels de Paris pour écrire sa putain de métaphysique, si c'est pas de la méthodologie littéraire ça.

Ah ouais et puis y a cette nana hier, un peu folle à mon avis, qui m'a dit qu'il fallait que je "cultive mon hermétisme mallarméen". J'ai failli lui répondre "c'est cela oui" en insistant bien sur le "a", mais elle était trop sympatoche pour ça.

N'empêche Mallarmé, ça m'a jamais branché.

24 mars 2007

Le samedi, c'est cinéma oh oui!

En fait le samedi, j'essaye surtout de combler le vide bloguesque de tous les autres jours de la semaine, en vrai. 

 Ouais ouais ouais...C'est kalaharien par ici en ce moment, I know...

Alors du coup, j'ai décidé de perséverer dans le concept de la rubrique hebdomadaire qui n'en est pas une, étant donné que j'ai déjà du mal à éditer une note de fréquence mensuelle...Donc voici: "le samedi, c'est cinéma oh oui!" (le "oh oui" n'étant là que pour établir une rime certes pauvre, mais une rime quand même, avec "samedi", et non il ne s'agit pas d'un cri de jouissance cinématographique, loin de là, zallez voir l'ampleur du désastre).

Par désastre, je veux bien sûr parler de ce film qui atteint les hautes sphères du nanard même pas assumé (à la différence de l'Attaque de la Moussaka Géante qui gagne en galon grâce à une nullité portée en étendard mais bref passons, on est pas là pour décortiquer les soirées Arte spécial trouvailles-qu'il-aurait-mieux-valu-pas-trouver du 7ème art), j'ai nommé: Odette Toulemonde. Ouais.

 C'est atroce.

N'allez pas le voir.

Vraiment.

Avec une moyenne de 6 euros la séance, vous pouvez faire des trucs 'achement plus funky, je vous le donne pour preuve, 6 euros c'est le prix d'une glace à la vanille et d'un jus d'orange sur une plage de Manille (comment ça "ca coûte combien un billet d'avion pour Manille?", c'que vous pouvez être terre à terre, pas étonnant que Sans aucun doute soit encore en programmation).

Odette Toulemonde donc. Que dire? Du foutage de gueule.

Une mise en abîme du principe "les histoires à l'eau de rose ça peut vraiment arriver à tout le monde", la preuve, un film à l'eau de rose raconte l'histoire à l'eau de rose d'une femme toute rose qui lit des histoires à l'eau de rose qui vont lui arriver en vrai mais wwwèèèèèè!! Puisqu'on vous le dit. Bref, bancal, très bancal, ceci dit, fallait bien s'y attendre puisqu'Eric Emmanuel-Schmitt, vulgarisateur philosophique par excellence n'aurait pu choisir meilleur sujet pour faire ses premiers (faux-)pas dans le monde du cinéma.

Heureusement, les américains sont là. Mais ouais, sans dèc'. Chronique d'un scandale, avec Judy Dern (cf. article de Technikart du mois de mars, "pourquoi les vieilles anglaises sont-elles meilleurs que les jeunes américaines") est l'exemple typique qui prouve que lorsque les ricains s'emparent d'un bastion français, à savoir le drame psycho-amoral (l'apogée de ce leitmotiv français étant Embrassez qui vous voudrez qui emmêle tout à trac inceste, homosexualité, adultère et transexualité dans un grand sac de noeud sentimentalo-con), et ben les ricains, euh, ils savent y faire, avec la musique et puis le suspeeeeens et tout et tout. Et ça marche.

Pour finir (mais bien inutilement car sa réputation n'est sans doute plus à faire), La Vie des Autres, of course...En fait voilà, c'est facile, il suffit de faire un transfert financier de Odette Toulemonde vers La vie des Autres et voilà comment vous économisez un aller-retour Paris-Manille, et ça c'est encore plus fort que la carte de fidélité Auchan...

07 décembre 2006

Some days, some nights...

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...in the way of the Samurai...

Ouais ouais ouais....Ouais ouais ouais...moi aussi j'ai succombé. Ca y est je suis asservie à la tâche quotidienne et assidue, à l'abêtissement infernal...Ouais ouais ouais...C'est terrible...Obligée de rester pieds et poings liés devant cet écran infernal, pour peu je me retrouverais avec des pincettes pour me tenir les paupières à la Orange Mécanique...j'ai un retard monstre, je ne sais plus où donner de la tête, crise de panique à la vue de la masse qui s'étend devant moi...parce que...il FAUT que je visionne les 15 épisodes restants de Samuraï Champloo!! Mais wwwwèèèèèèèè!!!

J'en peux plus, je suis en train de passer en phase hystérique-épileptique, à harceler Fab toute la journée pour qu'il me refile les épisodes, bondissant à chaque Fu ou Jin dans une phrase (imaginez l'enfer: fugue,futilité,furet, futaie, funéraille, funambule, ginseng, gin-tonic, gynécée, gynandromorphie - ouais même que ça existe-, bref que des mots qu'on utilise tous les jours, l'enfer quoi).  Une semaine que j'ai découvert ça, une semaine que je suis en intraveineuse bi-quotidienne, besoin de ma dose, et quand j'appuie sur play...raaaah...c goooooood!! Pour peu je refilerais ma paire de converses dégueulasses au premier mécréant qui passe ( et j'y tiens à mes Converses, elles ont pas fait la guerre, elles, môsieur).

Samuraï Champloo donc. Vais encore passer pour une conne qui débarque sur la planète monde, mais peu m'importe tant que le samuraï m'emporte. Wah c'était particulièrement couillon ça. Bref. A la base suis pas une grosse fan de mangas (c'est quoi ce bordel, pourquoi que ca commence par la fin cette saloperie? et depuis quand les asiatiques ils ont des yeux gros comme les pelotes de laine de ma grand-mère? c'est quoi ces jupes trop courtes là? non mais rangez moi ca bande de dépravées).

Puis il y a eu la révélation: Samuraï Champloo. Je sais ca va bientôt saturer d'occurence à Samuraï Champloo (hop là une autre), mais ca me plait moi Champloo (shampoo, champi, tout ca quoi), Champloo, Champloo, Champloo, gnak gnak gnak.

Bon, c'est pas tellement pour le scénar qui est ma foi assez classique, mais...Non en fait, c'est pour le scénar tiens, et puis pour les dessins aussi tiens, et puis pour les grandes phrases de morale populo-laotseusienne, parce que lorsqu'on aime, on aime globalement. D'abord. Mais surtout, ben, je me marre. Mais vraiment. Comme une neu-neu. Life is hard baby. Parce que Samuraï Champloo, c'est hip-hop, c'est libertin et c'est fucking hilarious.

 

 

20 juillet 2006

Avis de Divorce

medium_les_berkman.jpgLes Berkman se séparent, et c'est un heureux évènement. Ou comment se faire rembourser votre place de ciné.

Il se peut qu'un jour, financièrement dépourvu mais irrésistiblement mû par le besoin culturel intrinsèque qui vous anime, vous décidiez de vider vos derniers centimes sur le comptoir de votre cinéma préféré (et non sur celui du bar d'à côté qui explique pourquoi ce sont vos derniers centimes). Une fois installé, il suffit alors de feindre une envie pressante d'un tout autre genre, de vous éclipser discrètement et d'appuyer furtivement sur le bouton "alarme" du couloir, avant de rejoindre en toute innocence le siège des toilettes le plus proche. Là, d'ici 5 mn, une horde de spectateurs ébahis et perplexes envahira les escaliers et il vous suffira de rejoindre le brouhaha avec le regard éberlué d'une fleur qui vient d'éclore dans l'aube douceureuse du printemps, tagada tsouin tsouin. Comme c'est beau. Comme c'est con. Et à mon avis, le p'tit malin qui s'est amusé à déclencher le signal de secours avant de se barrer à toutes jambes n'avait rien de la fraîcheur innocente mais néanmoins maligne d'une orchidée embuée de rosée. Connard.

Parce qu'encore ce serait arrivé en plein milieu de Camping, ou de cette abomination cinématographique qu'est le dernier film d'Emmanuel Mouret (Changement d'adresses), passe encore. Mais perdre 10 mn de "Les Berkman se séparent", là je crie au sacrilège et je m'insurge de tout mon panier de pop-corn. Surtout quand on sait ce que la fête du cinéma nous a servi comme nanars inconsidérés et quand on constate la pénurie qui règne sur grands écrans depuis quelques mois.

Bref c'est dommage (mais un peu moins de se faire rembourser) parce que Les Berkman se séparent, c'est un peu le versant cinématographique de cet adage humainement pitoyable: "le malheur des uns fait le bonheur des autres". Et ici en l'occurence, c'est du bonheur des spectateurs dont on parle.

La chronique de cette famille 'achement bien qui tombe en lambeaux, c'est la densité et la justesse d'un Lars Von Trier, la fraîcheur d'un Coppola fille, et l'humour pince sans rire d'un Woody Allen flegmatique.

Le film commence sur un match de tennis, de ceux que vont jouer les familles unies, mais pas non plus celles qui viennent de récupérer le fils au cours d'équitation et l'aîné au club de golf. Non, les Berkman sont écrivains et leurs fils spirituels mais intégrés. Il y a du plancher dans l'appartement, chaleureux bien plus qu'élégant, et plein de livres intelligents sur les étagères bancales. Seulement voilà, ils jouent au tennis mais les rapports de force sont déjà là, et le revers ne se fait pas attendre. Bientôt c'est la fin d'une ère, comme on dit, ou plutôt son aboutissement, et "qui va garder le chat?"

On a jamais aussi bien parlé de divorce au cinéma, avec ses mesquineries vengeresques, sa communication faussée et desespérée de vouloir tout justifier tout en voulant préserver, ses pris à partis et sa culpabilité parentale. Les erreurs se cumulent quand tout fout le camp, personne ne sait plus ni où, ni quand, ni comment mais dans ce vaste bordel de méchanceté et de reproches, on aime jamais autant même si on a jamais aimé plus mal.

Seul regret pour un film qui ne tombe ni dans le cliché facile et populariste, ni dans la densité freudienne et chiante (mais l'inclut en la raillant plutôt): une vision un peu trop caricatural du père. Même si l'on sait les ravages de votre orgueil, vous, les hommes.

 

19 juin 2006

Avril

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Quand on fait de la compétition équestre, l'une des premières choses que l'on apprend, par la force des choses (et de la déception, il faut bien le dire), c'est de ne jamais oublier de passer la ligne d'arrivée auquel cas, c'est l'élimination directe, quelque soit la performance effective.
Et bien, pour un première film c'est pareil. G. Hustache-Mathieu avait pourtant bien commencé: un scénario ma foi original et encore vierge de toute expérimentation cinématographique (une jeune fille s'apprête à prononcer ses voeux perpétuels dans le couvent où elle a été recueilli enfant, découvre qu'elle a un frère jumeau et le monde par la même occasion), des dialogues drôles et fleurant bon le spontané, un casting de la nouvelle vague intello-gauchisante mais juste ce qu'il faut, et même un nom de futur césarisé . Bref c'est léger, ca sent bon l'iode camarguaise et ca vous file le sourire.
Jusqu'à la dernière demi-heure. Et là, catastrophe. Mais vraiment. J'ai rarement vu un ratage aussi chiadé. Sans dèc'.
Eustache s'emmêle les pinceaux (c'est le cas de le dire) et tombe dans le symbolisme dégoulinant de sentimentalité cheap, sur fond de toile conceptualo-kitsch blasphématoire et rompt l'équilibre précaire de la nuance pour tomber dans l'ultra-manichéisme grossier, et qui plus est, mal joué. Bref il se vautre allègrement au milieu de ses pots de peinture. La cata j'vous dis. Une véritable aubaine pour le petit manuel du cinéaste en herbe qui tient là un contre-exemple inespéré. Et c'est d'autant plus rageant que le reste du film est juste, voire bon.

Qui a dit la chance du débutant? (Raison de plus pour foutre votre Coelho à la poubelle)

31 mai 2006

Télérama ah ah ah

Je viens d'ouvrir le nouveau Télérama. Quoique peu friande des plumes intellectualo-snobinardes du-dit magazine (exemple patent du racisme de l'intelligence si il en est, soi-dit en passant), je me suis néanmoins fendue la poire en lisant les premières lignes du spécial Cannes. Le journaliste commentait l'attribution par le jury de Wong Kar-Wai de la Palme d'or à Ken Loach (chouchou des profs de français gauchisants qui composent à 99,9% le lectorat de Télérama, le 0,1% restant rassemblant les profs d'anglais) et parlait..."d'orthodoxie marxiste"! Héhé!

29 mai 2006

Des palmipèdes et des palmiers

Cannes qui casse pas trois pattes à un canard

O bonheur de retrouver le confort télévisuel...Héhé ai déjà prévu de compenser 6 mois d'abstinence en 1 mois de séance canap' (pas chez un docteur de la neurone folle hein, c'est bon il me reste encore des petites pillules roses). Après Rolland-Garros j'attaque le Tour de France en passant par la Coupe du Monde (ouais je sais pas qui c'est Indurain et encore moins Riberi mais bon hein, le sport c'est de la merde et la télé germe dessus mais j'ai besoin de légumer moi et c'est du bon fumier). Mais jusqu'à hier c'était Caaaaaaannes. Toutes mes prévisions se sont noyées dans la Croisette et Almodovar de mon coeur n'a même pas eu la Palme d'or (ils doivent se dire qu'il va encore avoir le temps de faire quelques films, tandis que Ken Loach c'est déjà moins sûr...) mais le prix du scénario alors que justement moi je trouvais que c'était pas top top pour un Almodovar le scénar' de Volver. Il va pouvoir repasser, mais à sa place j'attendrais d'être à l'agonie histoire de l'avoir son prix (le vrai, pas les lots de consolation).

J'avais profité de renaître enfin au monde social pour aller voir Volver la semaine dernière et bien entendu j'ai adoré. Mais apparemment ca doit être un film de bonnes femmes parce que les trois zigues qui étaient avec moi sont pas sortis très convaincus. Moi me suis bien marrée et puis à chaque fois y a ce petit truc de Pierrot la grande folle euh le fou qui me ré-almodovarise, enfin je sais pas ca doit être ça qu'on appelle le génie du cinéma...Mais bon, un peu décue quand même au vu des antécédents, mais pareil pour Marie-Antoinette. La Coppola s'est un peu loupée sur la troisième marche (faut dire qu'on la lui avait mis bien haute) et j'ai pas tellement réussi à rentrer dans le film, même si la b.o. est terribilou et que j'aime les converses mauves accessoirement. M'enfin, Kirsten Dunst crève l'écran et c'est elle qu'aurait du venir chounier au pupitre de Cannes pour récupérer une nouvelle horreur à caler au-dessus de sa cheminée (qui ne sert jamais vu qu'elle a le chauffage par le sol à tous les coups cette blonde).

Bref, voilà j'ai fait mon p'tit quak-quak aussi et j'ai même pas critiquer la nouvelle forme (euh...comment dire...athlétique...) de Monica Belluci (mais quand même c'est grave de foutre une aussi mauvaise actrice dans un jury pareil. Même dans Doberman où elle a juste a fermer sa gueule et cligner des yeux elle arrive à être mauvaise). Parce que moi je regarde Cannes que pour l'amûûûûûûr du cinéma c'est bien connu. :-)

Euh...pppssssstt Hélène, je t'appelle ce soir pour débriefer sur l'immondice à la Chantal Thomas que portait la Cotillard...

17 mai 2006

Moziban!!

NYOCKER

Héhéhé... grincement de dents obligé avec Nyocker, le film- que-j'aurais-mis-plus-d'un-an-à-voir...

Merci la coloc, qui m'a repêché de ma somnolence (presque) post-examen pour me ramener au monde des terrasses ensoleillées, des bouquins (les vrais avec une histoire et pas l'Histoire) mais surtout celui des programmes de ciné.Tiens tiens un film hongrois à l'affiche et là... ô joie!ô grandeur de la distribution cinématographique!ô respect éternel au Jean Vigo le cinéma-que-si-y-a-pas-plus-de-trois-personnes à la séance on t'offre deux places gratuites (et ca serait plutôt la règle qui confirme l'exception d'ailleurs) C'est District!

Soit, attention, m'en vais vous faire une démonstration de la plus haute habileté linguistique (ouais ca rigole pas là) :District = Nyocker = contraction de nyolc kerulet = huitième arrondissement de Budapest (waaaah comment suis trop une daronne des langues que tout le monde il a envie de les parler... ouais bon d'accord disons qu'en passant devant l'affiche au moins quinze fois par jour pendant un an ca fait un ratio relativement raisonnable pour pouvoir s'interroger dessus...)

Bref donc Nyocker, le film d'animation que j'ai essayé de voir au moins beaucoup beaucoup de fois à Budapest (mais je crois que je choisissais pas forcément les bonnes salles de ciné non plus; enfin salle de ciné est un bien grand mot quand c'est la salle de concert d'un bar, aménagée d'une dizaine de chaises et d'un écran crado au-dessus de l'estrade. Mais c'était vachement bien, on pouvait boire, manger, fumer,discuter, se gratter le lobe de l'oreille gauche, pas de problème. Bref. Mais pour Nyocker, impossible de passer la porte, me retrouvais toujours scotchée devant mon verre. En même temps, se dorer les omoplates dans un des nombreux jardins éthyliques de Budapest, ca donne pas vraiment envie d'aller s'enfermer dans la salle d'à côté).

Nous voilà donc assises sur la balustrade du Jean Vigo pour 1h20 de hip-hop hongrois (si si ca existe...mais c'était pas MC Bouza ouiiiiiiiiiiinnnn, le rendez-vous hip-hop bully du jeudi soir au Kultiplex pour les initiés), de putes, de potes, de came, de mac, de fric et de flic. Quelques longueurs et le graphisme est pas franchement terrible mais qu'est-ce que c'est bon de se retrouver dans le huitième!! Bon bien sûr, nous, on évitait de se ballader dans les bars albanais (hein Hélène...) mais y avait même le Pipi show de Baross Utca, haut lieu de l'enseigne kitsch budapestoise si il en est!!!

Le film cache quelques bonnes pépites,me suis bien fendue la poire parfois (et il m'est même pas arrivé de pépins... = blague nulle susceptible d'un lynchage humoristique en règle, je suis d'accord) , et reflète plutôt bien une bonne partie de la réalité sociale hongroise mais en même temps je pense pas être très objective...J'ai un peu laissé tomber tout l'aspect esthético-critique du film pour m'extasier sur les lieux connus (d'ailleurs y en a une sur le siège d'à côté qu'a cru un moment que j'allais lui flinguer son visionnage et celui du reste de la salle avec mes aaaaaaaahhh ouiii!!!! et mes ooooooohhhhhh!!!, mes "en fait ca me rappelle quand" et "ca c'était à côté de"...mais j'ai fait un gros travail d'intériorisation euphorique et elle accepte de me resortir la prochaine fois).

Donc voili voilou, pour finir, la phrase suivante est sensée distiller un message même pas subliminale dans l'écran rétinien de Laure (alors Laure tu imagines que ceci est une enseigne clignotante rose genre Pipi show qui défile):

LAURE EST-CE QUE TU PEUX ME TROUVER L'AFFICHE DE NYOCKER SI JAMAIS IL PASSE ENCORE A BUDAPEST STP?

Je répète, ici la centrale bordelaise de la Csunya Ingek Incorporation à sa succursale budapestoise:

L'AFFICHE DE NYOCKER-ttttttooooooooûûûûûûûûûtttt ( = son de la corne d'un paquebot qui arrive à quai. Ouais je trouvais que c'était une bonne combinaison sono-visuelle avec les lettres clignotantes. On fait ce qu'on peut hein)


29 avril 2006

Ca n'arrivera plus près de chez vous...

Rrrrâââââââhhh !!! Je pousse un râle d’insurrection dramatico-cinématographique !!!!!

En effet, pour des raisons que je ne m’attacherais pas à démontrer ici, voilà que je me retrouvais hier coincée dans un fauteuil de ciné, les bras plaqués contre les accoudoirs et les yeux rivés sur l’écran : non il ne s’agissait pas d’une opération de lobotimisation à la orange mécanique dont j’aurais été la victime, mais simplement d’aller voir Camping, la nouvelle comédie (ah-ah) familiale de notre bande de drôles nationales.

Bon. Passons les quelques perles de rigolade, l’ensemble globalement divertissant du film pour en venir au fait...Car ô rage intèrieure ! ô bouillonnement frustré ! une fois le générique de fin sur l’écran : où est donc passé le sarcasme sur grand écran ????!!!???

Est-on sans cesse obligé d’enrober de bons sentiments la moindre critique sociale gratuite, la moindre caricature bête et méchante ? A savoir ici, oui les campeurs sont des bofs mais ce sont eux qui ont du coeur, qui connaissent la vie, la vraie, et vous ouvre la porte de leurs tentes Queschua sans a priori aucun et dégoulinants de bonté....rrrrââââhhh....et v’la que j’te fais un gros plan sur le regard globuleux mais attendri et aimant de cette bande de franchouillards des familles tartinée à la biafine et rassasiée aux salades catalanes Saupiquet...C’qu’elle est bien tout de même la France du bas et ouf ! la vertu populaire est sauve...On verserait même une petite larme....

Mais pourquoi ? La tension sociale dans ce pays est-elle aussi latente pour que l’on ne nous serve que du divertissement franchement prudent ? L’avènement du tiède est-il le fait du public ou de la frilosité des réalisateurs ?

Ou tout simplement, peut-être est-ce d’être baigné jusqu’au dernier frisotti dans un discours soit trop édulcoré pour être efficace (on ne dit pas « caissière à Auchan » mais « hôtesse de caisse en surface commerciale » et je ne citerais pas les nombreuses autres parades synthaxiques de notre gauche muselée par le politiquement correct), soit trop radical pour être honnête (inutile aussi de rappeler les récurrentes et éminentes démonstrations de diplomatie sociale de la droite décomplexée qui a sans doute confondu complexe et complexité et préféré tout simplifier)


Il me semblait pourtant que l’on pouvait, jusqu’à très récemment, tirer à boulets rouges sur notre chère société française ou faire preuve d’un sarcatisme effronté, sans jamais tombé dans la grossiéreté obscène mais plutôt dans l’audace insolente...Et quand je dis cela, je pense à ces perles télévisuelles que sont les Strip-tease ou à cet ovni du cinéma et de l’humour qu’est C’est arrivé près de chez vous...Mais j’y pense, tout ça, c’est de la production belge...

Ah ben voilà, ça doit être ça alors l’ « exception française »...

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